Décryptage de la situation à Kobane
- 21 nov. 2014
- 4 min de lecture

Si vous n'avez rien suivi depuis le début de l'histoire à Kobane, la rédaction vous propose de vous faire le décryptage complet !
Par Juliette Blanchard, TES 1
Que se passe-t-il exactement dans la ville de Kobane ?
La ville de Kobane, alors 3ème ville kurde du pays, qui se situe au nord de la Syrie et à la frontière avec la Turquie, est dominée de moitié par les jihadistes depuis le 6 octobre 2014.
Kobane se situant en Syrie, pour comprendre la situation de cette ville, il est indispensable de s’intéresser au contexte politique du pays.
Que se passe-il- en Syrie ?
Depuis le 15 mars 2011, (depuis plus de 3 ans et 17 mois) la Syrie est touchée par une violente guerre civile qui a coûté la vie à plus de 162 402 personnes depuis le début du conflit, dont plus de 33% de civils (parmi lesquels 16% de victimes enfants) selon l’Observatoire Syrien des droits de l’homme (OSDH).
De plus, fin mai 2014, selon l’ONU, le nombre de réfugiés s’élèverait à plus de 2,8 millions et 6,5 millions de personnes aurait été déplacées à l’intérieur du pays.
Ce conflit, opposant ceux qui rejettent la souveraineté de Bachar El Assad (l’actuel président de la Syrie) et ceux qui soutiennent encore le président (les pro-régimes) divise le pays.

La division de la Syrie est parfaitement bien illustrée par cette carte.
- En effet, la zone rouge à l’ouest du pays est sous le contrôle des loyalistes, c'est-à-dire ceux qui témoignent de la loyauté à leur souverain Bachar El Assad et restent fidèles face à la rébellion.
- La zone jaune au nord-est et nord-ouest du pays est dominée par les kurdes, qui contrôlent la ville de Kobane. Cette population iranienne vivant majoritairement en Turquie, Iran, Irak et Syrie revendique depuis plus d’un siècle son propre territoire : le Kurdistan. Or, le fait de devoir laisser une partie du territoire national à un autre peuple laisse les Etats abritant les communautés kurdes négatifs à cette création.
- La zone verte située majoritairement au nord-ouest et au centre du pays est contrôlée par les rebelles de l’armée syrienne libre qui est, avant d’être surpassée par les factions dijhadistes et salafistes, l’armée régulière syrienne. Les rebelles contestent le régime de Bachar El Assad et désirent sa démission.
- Et enfin, la zone grise située à l’est du pays est sous la domination de l’Etat Islamique (EI), qui entend poursuivre sa diffusion.
L’Etat Islamique est une organisation armée terroriste dijhadiste, prônant un islamisme sunnite (tout comme 80% des fidèles) anti-chiite sous les ordres d’Abou Bakr al-Baghdadi (ou plus récemment « calife » Ibrahim).
Mais pourquoi l’Etat Islamique désire-t-il prendre la ville de Kobane
L’EI, en complément de vouloir rétablir la charia, a proclamé symboliquement le premier jour du mois de ramadan 2014 le désir de rétablissement du califat sur les territoires irakiens et syriens qu’il contrôle. Sa diffusion passe par la prise de la ville de Kobane.
Depuis le 24 octobre, l’EI tire des obus de mortier sur le poste-frontière avec la Turquie, sans doute pour empêcher l’arrivée de nouveaux kurdes en provenance d’Irak et passant par la Syrie venant soutenir la ville.
Selon l’Observatoire Syrien des droits de l’homme (OSDH), l’objectif est de s’emparer des quartiers nord afin d’encercler la ville en coupant son accès à la Turquie.
Mais que font les organisations internationales ?
Pour ainsi empêcher la diffusion de cette « menace terroriste intégriste », une coalition internationale de 22 pays intervient militairement contre cette organisation, alors accusée de crimes de guerre, de nettoyage ethnique et de crimes contre l’humanité.

Cette coalition, caractérisée comme étant en « guerre contre l’Etat Islamique », rassemble les Etats-Unis, les principaux pays européens, l’Australie, le Canada, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, le Qatar, le Bahreïn et les Emirats Arabes Unis. Les premières frappes contre l’EI ont débuté le 8 Août 2014 en Irak et le 23 septembre en Syrie.
L’armée américaine est le principal acteur de cette coalition et a estimé début octobre être à l’origine de 90% des 2000 raids menés depuis le début du conflit.
L’objectif de cette coalition est d’empêcher le déploiement de l’EI.
Ainsi, pour empêcher la prise de la ville de Kobane par l’EI et suite à l’offensive menée par ce dernier le 16 Septembre 2014, l’armée américaine lance des frappes à proximité de la ville. En vain.
En effet, malgré plusieurs bombardements, les dijhadistes atteignent Kobane le 1er Octobre, et rentrent dans la ville le 6 Octobre.
Comment les kurdes réagissent-ils ?
Pour venir en renfort de la 3ème ville kurde de Syrie, les peshmergas, (c'est-à-dire les « combattants » en kurde) venant d’Irak et passant par la Turquie, arrivent peu à peu dans la ville de Kobane. Les premiers peshmergas ont atterris dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 octobre en Turquie.

De quelles façons les populations civiles occidentales peuvent-elles aider la ville de Kobane ?
Pour soutenir la ville de Kobane, plusieurs manifestations de soutien aux kurdes de Kobane ont lieues à Paris.
De plus, sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter, s'organisent des comités de soutien virtuels.
Juliette Blanchard
Terminale ES 1






















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