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                  Pensée sur la société actuelle 

 

Nous vivons aujourd’hui dans un monde totalement bercé par l’hypocrisie, l’opportunisme, les faux semblants et la jalousie.

 

Pourquoi tant de pessimisme me direz-vous ? Je vous répondrai  pourquoi tant de naïveté à poser cette question ? Depuis que je suis née, je me suis obstinée à croire, comme vous sans-doute, que le monde était parfait, que les êtres humains étaient en mesure de pouvoir communiquer entre eux dans le plus grand respect de toute opinion, qu’elle soit politique, religieuse ou encore idéologique. Souffrant de la solitude dès mon plus jeune âge, je me réfugiais le plus souvent dans l’observation de ces Â« groupes Â», composés d’individus à la fois si proches, mais pourtant si loin.

 

Le fait est que les hommes ont peur de la vie. Ils ont peur de l’affronter eux-mêmes, peur de se perdre dans l’immensité du monde, peur d’être seul face à ces 7 milliards d’autres individus. De cette peur naît l’incapacité de tout mouvement, de toute pensée, de toute capacité d’action. L’homme se voit donc comme « paralysé Â» dans une société pourtant libre. En effet, l’homme n’est pas empêché de penser, d’agir. Personne ne l’empêche. Nous ne sommes plus en dictature. Contrairement à la monarchie absolue, ce n’est non pas la société qui limite l’homme (par ses lois, ses opinions, ses dogmes), mais l’homme qui se limite par lui-même. Par cette peur continuelle d’affronter la vie.

 

L’homme, ainsi rétracté et refoulé, préfère affronter la vie de manière superficielle, préfère vivre la vie en groupe, que seul. Or, la vie ne se vit pas en groupe ou en communauté, la vie se vit seul. On naît seul, on meurt seul, tout le reste n’est qu’illusion.

Les « illusions Â» sont les autres individus que l’on a l’habitude d’appeler « les amis Â». Si ces illusions prennent une place importante dans notre vie, on peut les appeler les « meilleurs amis Â», et si elles prennent une place prépondérante, on les appellera « conjoint Â». L’homme, pour ainsi sortir de sa solitude, peut se divertir quelques instants avec ces « illusions Â». Mais elles doivent rester secondaires à la vie d’homme. Les « illusions Â» ne doivent pas prendre le pas sur la vie réelle. Sinon, on pourrait dire que la vie de l’homme est illusoire, c'est-à-dire n’a aucun sens. Les « illusions Â» à juste titre n’existent pas, ce sont des individus que la conscience imagine par elle-même afin d’aider l’homme dans son long et dur chemin qu’est la vie.

 

Ainsi, chaque homme a son propre monde avec ses propres individus que sa conscience aura créés.  Et donc chaque homme est unique. Les plus grands hommes, (vous savez, ceux que nous adorons admirer lors des repas pour nous donner l’air intéressant et cultivé, pour montrer aux autres que l’on s’intéresse à des gens importants, à des gens valorisé par la société, pour ainsi « bien-paraître Â») malgré toutes les mondanités que l’on pourrait leur accorder, sont toujours restés seuls. Ces grands hommes n’ont jamais eu peur de la vie, c’est pour cela qu’ils ont pu réaliser de grandes choses. Ils savent qu’ils peuvent et doivent tout tenter, peut importe ce qu’en dira la critique ou l’opinion. Ils savent que rien ne les empêche de penser, d’écrire, de parler, d’agir. Et en agissant, l’homme avance, et chaque pas effectué est un pas de plus pour son parcours qu’est la vie.

 

 

 

           Pourtant, cela il ne doit pas en avoir conscience. Car l’homme s’obstine à vivre en communauté. L’homme s’obstine à quitter la campagne isolée pour venir habiter en ville, pour ainsi ne plus être seul.

Car seul, l’homme a peur, l’homme panique et doit, malgré-lui, affronter le  monde.

 

Ainsi, en rencontrant d’autres individus, l’homme renonce. Le fait de s’entourer d’autres personnes est ainsi signe de désespoir et de panique chez l’individu. Notre époque est parfaitement ancrée dans cette situation. En effet, ne dit-on pas à celui qui ne sort jamais et qui préfère la lecture et la méditation aux amis : « Mais tu n’as pas de vie ! Â». Cette phrase de notre langage est si assimilée à ce contexte que l’on pourrait en déduire que la société est perdue. Car non. Au contraire, c’est l’homme entouré qui n’a pas de vie.

 

Ce qui est d’autant plus impressionnant, c’est le caractère inquiétant de ces individus du groupe.

En effet, tous ne se fréquentent que pour la seule et unique raison qu’ils refusent d’être seuls.

Ainsi, le fait de se regrouper n’est non pas une demande, mais une nécessité ; et les individus du groupe ne sont non pas choisis, mais désignés instinctivement par un sentiment de rencontrer quelqu’un d’autre, peut importe la personne et le caractère.

Cela explique donc à mon sens la raison de l’impossibilité de la réelle amitié entre les hommes, car déjà le fait qu’ils soient réunis est déjà causée par un intérêt : celui de ne pas être seul. De plus, ces-derniers sont si égoïstes, si préoccupés à leur seul intérêt personnel qu’ils ne pourraient pas s’occuper d’une autre personne. Car déjà seuls, ils ne peuvent pas se prendre en charge.

 

Ce qui est également très inquiétant, c’est que l’homme a l’impression d’avoir des « amis Â» partout. La parole de l’homme est si vaine et rapide, si frivole et s’accorde si bien aux aléas de la mondanité, qu’elle en devient vide de sens et totalement stérile. Ainsi, en rencontrant un autre individu et en sympathisant avec lui durant plusieurs mois, l’homme sera d’aptitude à déclarer de lui que c’est un « ami Â». Or, l’amitié, telle qu’elle existe, ne se décrète pas. Elle est. Comme disait Montaigne dans son magnifique essai de « De l’Amitié Â» tiré de ses fameux Essais, « Parce que c’était lui, parce que c’était moi Â». Il n’y a pas de raison à expliquer une amitié entre deux personnes. Pourtant, l’être humain s’obstine à en trouver une explication par toutes sortes d’arguments : celui des points communs, d’une envie ou d’une motivation commune, d’un parcours semblable...Cela est bel et bien une preuve que l’homme n’a jamais connu l’amitié. Car s’il l’avait connue, il n’aurait jamais cherché à découvrir ses causes.

 

De plus, si l’homme pouvait avoir de magnifiques compétences, on pourrait volontiers lui accorder celles de pouvoir trahir sans aucun remords, de pouvoir tuer sans aucune raison, de pouvoir mentir sans aucune morale, de pouvoir agir sans aucune motivation. L’homme s’ennuie tellement qu’il doit, pour échapper à sa triste monotonie, changer ses fréquentations. Et cela l’amuse. Car l’homme aime voir les autres souffrir, car s’il n’aimait pas cela, il ne serait pas tel qu’il est.

 

On pourrait facilement excuser l’homme en disant qu’il est victime de la nature humaine, mais on pourrait plutôt dire que c’est la nature humaine qui est victime de l’homme.

 

Anonyme

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